Jury

Jean Dufaux

Né à Ninove le 7 juin 1949, Jean Dufaux est l’auteur d’une œuvre importante comptant plus de 150 titres, dont «Rapaces» (des. Marini), «Murena» (des. Delaby), «Giacomo C.» (des. Griffo), «Complainte des Landes perdues» (des. Rosinski – Delaby), «Dixie Road» (des. Labiano) «Monsieur Noir» (des. Griffo), «Ombres» (des. Rollin), «Jessica Blandy» (des. Renaud), «Les Voleurs d’Empires» (des. Jamar), «Niklos Koda» (des. Grenson). Original, à l’écart des modes, plus complexe qu’il n’y paraît, l’univers de Jean Dufaux s’orchestre autour de quelques thèmes récurrents : le pouvoir et la folie, la solitude et ses miroirs, les égarements du temps, les blessures du passé. Cette mosaïque immense se veut avant tout une œuvre de plaisir, d’enchantement aux sens féerique et occulte du terme. Vendue à des centaines de milliers d’exemplaires, traduite dans une douzaine de langues, son oeuvre déploie ses sortilèges en se basant sur le talent graphique des meilleurs dessinateurs et un art du dialogue qui épouse et repousse l’image dans un même mouvement.

Jean Van Hamme

Jean Van Hamme est né à Bruxelles en 1939. Ingénieur commercial, licencié en journalisme, agrégé d'économie politique, il travaille pour plusieurs multinationales avant de se consacrer entièrement à l'écriture à partir de 1976. Après avoir traduit des 'strips' américains pour l'hebdomadaire belge "Le Moustique" de 1965 à 1967, il écrit son premier scénario de BD pour le dessinateur Paul Cuvelier : le célèbre "Epoxy", paru aux éditions du Terrain Vague en mai 1968 et réédité, en couleurs, en janvier 2003 dans la collection "Signé" au Lombard. Pour le même Cuvelier, il écrit les deux derniers "Corentin". Egalement chez Lombard, il écrit des scénarios pour André Beautemps ("Michaël Logan", 4 albums parus ultérieurement chez Thaulez de 1979 à 1981, puis en 1985 aux éditions du Miroir), pour Chéret ("Domino", 4 albums de 1979 à 1982), Dany ("Histoire sans héros", "Arlequin", 3 albums de 1979 à 1984, "Vingt ans après" (1997), Géri ("Mr Magellan", 2 albums en 1970 et 1971, et surtout pour Rosinski avec qui il crée la fameuse série "Thorgal", traduite en quatorze langues et vendue dans plus de vingt pays. En 2001, il signe avec Rosinski un étonnant et superbe "Western" publié dans la collection "Signé" du Lombard.

Raoul Cauvin

"Le divan, c'est mon outil de travail. Dans presque toutes les pièces de la maison il y en un, ou quelque chose qui lui ressemble." Raoul Cauvin, scénariste aux mille et une histoires, l'avoue humblement : il ne peut réfléchir correctement que lorsqu'il est allongé. Né à Antoing le 26 septembre 1938, Cauvin est l'une des rares personnes à avoir suivi pendant cinq ans des études de lithographie publicitaire à l'Institut Saint-Luc de Tournai, pour découvrir en entrant dans la vie active que cette profession n'existait plus ! Suivent toute une série de petits métiers et notamment un emploi dans une usine de boules de billard, qui lui développe une véritable passion pour ce jeu sur tapis vert. Engagé comme lettreur chez Dupuis en 1960, il devient ensuite caméraman au département dessins animés, où il se découvre une autre passion : le scénario. Charles Dupuis lui offre sa chance. Il se fait connaître quelques années plus tard grâce à la série « Les Tuniques Bleues ». Auteur prolifique, il excelle dans l’aventure humoristique, les gags visuels pour tous les publics, évoluant ensuite vers l’humour noir et la parodie délirante.

Daniel Couvreur

Daniel Couvreur est né à Bruxelles en 1962. Le virus de la bande dessinée le prend tout petit, quand Saint-Nicolas lui dépose des abonnements à Spirou, Tintin, Rintintin et au Journal de Mickey. Boulimique d’aventures, il dévore chez le libraire du coin les fascicules de Strange, du Surfer d’Argent, de Flash, Météor, Thor, Superman, Batman, Iron Man, Hulk ou des Fantastic Four… A douze ans, il crée son propre fanzine à l’Athénée royal de Koekelberg. Sur une antique stencileuse électrique, il imprime des pastiches de Tarzan, de Tintin, du Fantôme ou de Buck Danny. Pendant ses études de journalisme à l’Université libre de Bruxelles, il travaille pour les studios New Frame Concept, où il participe à un essai pionnier de western-vidéo, tourné en cases animées à partir des deux premiers albums de Durango. Entré au quotidien Le Soir en 1987, il est actuellement responsable du MAD, le supplément culturel, et critique spécialisé de bande dessinée. Chaque semaine, ses chroniques paraissent dans Les Livres du Soir et sur son blog, Ketpaddle. Il a cosigné avec Frédéric Soumois et Philippe Goddin les livres des Vrais secrets de La Licorne et A la recherche du trésor de Rackham le Rouge. En 2008, il a adapté deux épisodes de Blake et Mortimer pour l’album hors-série des Sarcophages d’Açoka. L’an dernier, il a scénarisé l’exposition des 20 ans du Centre belge de la bande dessinée et, en 2010, il a publié le livre polémique Tintin au Congo de papa.

Hermann 

Né le 17 juillet 1938, à Bévercé, dans la province de Liège, Hermann est autodidacte. Depuis son arrivée à Bruxelles, il n'a eu de cesse d'explorer, d'imaginer, d'expérimenter. Il y prend ses premiers cours de dessin, dans une de ces Académies des Beaux-Arts qui fleurissaient alors. Mais le directeur de celle-ci le décourage bientôt : "Raconter des histoires par le dessin ? Mon pauvre ami, ce n'est pas un métier !". Il apprend donc d'abord celui d'ébéniste. Quatre ans plus tard, il devient dessinateur architecte et décorateur d'intérieur. C'est son mariage, à 22 ans, qui donne une nouvelle orientation à sa vie. Il illustre en 1964 un "Oncle Paul" pour SPIROU ("Livreuse d'avions"). Son beau-frère, Philippe Vandooren, futur directeur éditorial des Éditions Dupuis, remarque son talent de dessinateur et lui propose de collaborer au magazine scout PLEIN-FEU qu'il dirige à cette époque. Ce récit complet parodiant la BD d'aventures le fait remarquer et engager au studio Greg. Son premier projet de bande dessinée est rejeté par Goscinny et le magazine PILOTE. Ensuite viendront "Bernard Prince" et "Comanche" chez TINTIN, sur des scénarios de Greg, "Jugurtha" de Vernal , puis "Nic" avec Morphée dans SPIROU. En 1977, il décide de s'occuper lui-même des scénarios : la série "Jeremiah" débute, suivie, en 1982, des "Tours de Bois-Maury". En 1991, quand il publie "Missié Vandisandi" dans "Aire libre", son premier "one shot", il apprécie énormément la liberté qu'offre une histoire complète et décide d'orienter sa carrière vers ce style de création qui satisfait pleinement ses désirs d'auteur. Dans la même collection, il clame sa vigoureuse indignation à l'égard de l'actualité bosniaque en 1995 dans "Sarajevo-Tango", puis revient au western avec "On a tué Wild Bill" et salue l'an 2000 en illustrant "Lune de guerre", un étonnant scénario contemporain de Jean Van Hamme. Dans la collection "Signé" du Lombard, il illustre des scénarios de son fils: "Liens de sang" et "Manhattan Beach 1957". En trente ans de carrière, il a publié près de soixante albums. Ils ont tous été créés avec la conscience de l'artisan et l'inspiration de l'artiste. HERMANN se définit d'ailleurs comme un "indépendant discipliné", amoureux des images et jaloux de leur liberté. La Ville d'Ottignies-LLN a remis son Prix Diagonale au dessinateur Hermann pour l'ensemble de son oeuvre, le 18 octobre 2009.

Jean-Claude Servais

Né le 22 septembre 1956 à Liège, Jean-Claude Servais suit de 1974 à 1976 des études à l'Institut Saint-Luc de Liège en section Arts Graphiques. En 1975, il voit ses premières planches publiées, sous le pseudonyme de Jicé, dans la rubrique "Carte Blanche" du journal de SPIROU avant qu'il livre trois épisodes des voyages temporels de "Ronny Jackson", scénarisés par Terence et Jean-Marie Brouyère, et deux histoires de "L'Oncle Paul" (signées cette fois Gil Verse et scénarisées par Octave Joly). En 1977, il se tourne vers l'hebdomadaire TINTIN où il signe une série d'histoires authentiques sur des scénarios de Bom et d'Yves Duval. Epurant son graphisme, il s'attaque en 1980, à un cycle d'histoires courtes sur le thème de la magie et de la sorcellerie : elles seront reprises dans l'album "La Tchalette" en 1982. Toujours dans TINTIN, il dessine "Isabelle", en 1983. Le mensuel à SUIVRE lui tend les bras. Avec l'aide du scénariste Gérard Dewamme, il y propose les récits fortement régionalistes de "Tendre Violette", puis "Les Saisons de la vie" au Lombard et "Les Voyages clos" chez Glénat. En 1989, avec le barde wallon et chanteur Julos Beaucarne, il entreprend une tentative onirique intitulée "L'Appel de Madame La Baronne". Servais décide ensuite de voler seul, de ses propres ailes, et rode son talent d'auteur complet dans quelques albums sans prolongations : "Iriacynthe" chez Jonas, "L'Almanach" et "La Petite Reine" pour Casterman, "Pour l'amour de Guenièvre" dans JE BOUQUINE, puis chez Helyode..

Dany

De son vrai nom Daniel Henrotin, Dany est né le 28 janvier 1943 à Marche-en-Famenne. Diplômé de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts de Liège, il est engagé comme assistant par Mittei et illustre ensuite des contes et de courtes histoires pour le Journal Tintin. C’est sa collaboration avec Greg qui va le faire connaître, sous le nom de Dany, grâce à sa première série onirique « Olivier Rameau ». Le monde de Dany est diversifié, plein de fantaisie, d’humour et d’action. Avec Greg, il produit les aventures parodiques de deux super policiers "Jo Nuage et Kay Mc Loud" et dessine deux épisodes de "Bernard Prince" succédant ainsi à Hermann. Il illustre ensuite les aventures d'"Arlequin" scénarisé par Jean Van Hamme. Dans un tout autre style, ce même duo réalise "Histoire sans héros", un récit dense et réaliste qui connaîtra une suite dans l'album "Vingt ans après". Le talent de Dany pour dessiner les jolies filles sexy dans ses albums de gags coquins, le conduit à l’héroic-fantasy avec "Les guerrières de Troy", une première qu’il aborde avec brio.
Il surprend encore son public en publiant une histoire fantastique qui se déroule en Roumanie "Transylvania" et continue à faire rêver. En effet, les prochains albums ne tarderont pas à sortir...

Maryse et Jean-François Charles

Egalement connue sous le nom de Nouwens ou Ruellan, Maryse Charles est scénariste et l'épouse de Jean-François Charles, dessinateur.
Dès 1982, ils collaborent ensemble aux scénarios des premiers épisodes des "Pionniers du Nouveau Monde" et "Sagamore Pilgrimage", un conte philosophique. En 2001, ils débutent une nouvelle série chez Casterman "India Dreams", Maryse au scénario et Jean-François au dessin, et en 2007, "War and Dreams" chez le même éditeur.

Entre temps, tous deux collaborent séparément sur différents albums. Jean-François entame en 1991 une série intitulée "Fox" scénarisée par Jean Duffaux et signe "Le Météore" en 2001. La même année, il publie également "Esquisses & Toiles" un recueil d'une centaine de dessins et croquis inédits sur des textes de Paul Herman.
De son côté, Maryse scénarise deux séries chez Glénat pour le dessinateur Ersel en 1999 et 2001 : "Claymore" et "Les derniers jours de la Géhenne". Ensemble, Maryse et Jean-François ont scénarisé pour les dessinateurs Jean François Roels et Gabriele Gamberini.

En 2010, Maryse et Jean-François continuent leur collaboration avec la saga "Ella Mahé" et la très belle série "Africa Dreams" avec Frédérice Bihel au dessin.

Cosey

Dès 1966, le jeune Bernard Cosendai travaille comme illustrateur pour une agence publicitaire. En 1969, un de ses dessins remporte le troisième prix d'un concours de couverture de Spirou. En 1970, il rencontre Derib, alors seul auteur suisse de bande dessinée professionnel. Il devient son apprenti et colorie Go West et Yakari. Derib l'incite à lancer ses propres séries.
En 1971, Cosey dessine trois aventures de Monfreid et Tilbury dans Le Soir Jeunesse, supplément du quotidien bruxellois, sur des scénarios d'André-Paul Duchâteau. L'année suivante il entre au quotidien suisse 24 heures, où il crée jusqu'en 1974 Paul Aroïd, Clarence et Séraphin Ledoux. En 1975, il entre à Tintin avec Jonathan, série d'aventure suivant les pérégrinations himalayennes d'un jeune baroudeur suisse, considéré comme une œuvre militante pour le Tibet.
Cette série, dont il enchaîne les histoires (neuf de 1975 à 1982) lui assure un succès rapide. En 1976, il reçoit le Prix Saint-Michel Avenir puis en 1979, à seulement 29 ans, le Grand Prix Saint-Michel. En janvier 1982, l'album Kate, publié dans Tintin en 1980, obtient l'Alfred du meilleur album au festival d'Angoulême.
Après Le Privilège du serpent, Cosey, que Jonathan commençait à lasser, décide de se lancer dans un diptyque situé en Suisse, À la recherche de Peter Pan. Mais le succès de Kate pousse Le Lombard à lui demander de dessiner encore un Jonathan et Cosey doit interrompre son projet pour réaliser Neal et Sylvester. Il s'y remet ensuite et À la recherche de Peter Pan, publié en 1983-1984 dans Tintin puis en 1984-1985 en deux volumes dans la collection adulte « Histoires et Légendes », est un nouveau succès critique comme public : l'album se vend plus que le dernier Jonathan en date, à la grande surprise du Lombard. Cela permet à Cosey, toujours relativement jeune, de donner une nouvelle impulsion à sa carrière.
Après avoir dessiné deux nouveaux Jonathan qui se déroulent aux États-Unis, Cosey se lance en 1986 dans Voyage en Italie, dont le premier volume inaugure en 1988 la collection « Aire libre ». Cinq albums suivent dans cette collection entre 1990 et 2003. En 1993, la réédition d'À la recherche de Peter Pan suivie l'année suivante de Zélie Nord - Sud inaugurent la collection « Signé » du Lombard. Cosey est alors un gage de qualité (et de ventes) pour ces collections haut de gamme. L'album Saigon - Hanoï, qui présente la grande originalité de déconnecter (pour l'essentiel) le fil des dialogues de celui des dessins, obtient le prix du scénario au festival d'Angoulême 1993.
En 1997 Cosey revient au Tibet, où il fit cinq voyages[3], avec le douzième Jonathan. En 2005, il crée dans Spirou un diptyque où il récupère le cadre de sa série-phare, Le Bouddha d'Azur, où le Tibet est traité d'une manière plus documentaire et fouillée que dans ses albums précédents. Cosey annonce qu'il ne situera plus d'histoire dans cette région. En 2008 sort le quatorzième Jonathan, situé cette fois en Birmanie, où Cosey avait voyagé en 2007. Le seizième Jonathan est paru en 2013.

Bernard Hislaire, dit Yslaire

Très jeune, Bernard Hislaire s'initie à la bande dessinée et participe au fanzine Robidule. Il fréquente la section arts plastiques de l'Institut St Luc de Bruxelles. Dès 1975, Hislaire commence à travailler pour Le Journal de Spirou. il conçoit une ''carte blanche'' d'abord puis le ''Troisième Larron'', une histoire en 16 pages. Parmi ses collaborateurs, le scénariste Raoul Cauvin ou Brouyère, dont il illustre notamment Coursensac et Baladin au pays des Tahétéhus. En 1978, il entreprend sa première série, très tendre et bucolique : Bidouille et Violette. Elle paraît dans Le Journal de Spirou. De 1980 à 1983, il signe de nombreuses illustrations humoristiques dans La Libre Belgique et au Trombone Illustré, sous la houlette de Franquin. Parallèlement, et plus tard, il conçoit des habillages graphiques pour la Radio Télévision Belge de la Communauté Française, le Rideau de Bruxelles ou l'ex-Théâtre Impopulaire. En 1986, il change radicalement de registre, de graphisme et de nom d'auteur ; il prend pour pseudonyme Yslaire. En compagnie de Balac (alias Yann), il crée Sambre, fresque romanesque et baroque, dans Circus. Saluée par la critique et le public, comme l'une des oeuvres majeures des années 80, cette saga est proposée en albums chez Glénat. À partir de 1987, de nouveau pour Spirou, Hislaire écrit les scénarios du Gang Mazda, une série humoristique dessinée par Christian Darasse. L'un des membres du gang lui ressemble étrangement... 1997. Ouverture de Mémoire du XXe Ciel, un site web co-réalisé sous le nom de Yslaire qui inaugure le travail numérique  qu'il ne cessera d'enrichir puisqu'il expose ses "tableaux vidéogrammes" au Louvre en 2009 et crée Uropa, magazine pionnier du numérique en 2012.

Etienne Davodeau

Étienne Davodeau, notre lauréat 2015, est né en Anjou le 19 octobre 1965. Il entreprend des études d'arts plastiques en 1985 à Rennes, et fonde avec quelques amis, dont Joub, Jean-Luc et Fred Simon, le studio BD Psurde. Cette petite structure éditoriale leur permet de publier leurs premiers travaux, dont un album collectif, La Vie Tourmentée d'Ernest Formidable. Après avoir décroché sa licence d'arts plastiques, Étienne écrit un scénario qui deviendra en 1992 le premier tome de la trilogie Les Amis de Saltiel, publiée chez Dargaud. Deux ans sont nécessaires à l'élaboration de son livre suivant, un récit de 100 pages intitulé Le Constat, où éclate au grand jour son sens de la narration. Viennent ensuite Quelques Jours avec un Menteur, chronique sélectionnée pour l'Alph-Art du meilleur scénario au festival d'Angoulême en 98, puis Le Réflexe de Survie, pressenti pour l'Alph-Art du meilleur album l'année suivante. La Gloire d'Albert et Anticyclone sont les deux premiers polars d'une trilogie qui s'achève aujourd'hui avec la publication de Ceux qui t'aiment, chronique sarcastique sur les rapports entre supporters et footballeurs milliardaires. En 2001 Étienne Davodeau avait interrompu la réalisation de ce triptyque pour réaliser Rural! . Grâce à ce véritable reportage en bande dessinée, il confirmait son choix - peu fréquent en bande dessinée - d'inscrire le monde réel au coeur de son travail. Cette singularité ne l'enferme pas pour autant. Il s'intéresse à l'expérimentation narrative avec L'Atelier, (exercice d'improvisation totale) et à la bande dessinée pour enfants ( il scénarise les aventures de Max & Zoé, dessin de Joub). À la suite de la publication de Rural!, il est promu directeur de collection au sein des Éditions Delcourt, où son travail consiste à inciter d'autres auteurs à franchir le cap du «récit du réel». Il travaille aussi en ce moment, avec David Prudhomme au dessin, à l'adaptation en bande dessinée de l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles.

François Walthéry

Né à Argenteau le 17 janvier 1946, François Walthéry, est aiguillé à seize ans vers certains ateliers pratiques de Saint-Luc à Liège où on a senti que l'adolescent était doué pour le dessin, tout en n'ayant pas encore la maturité pour suivre les cours généraux destinés à des étudiants de loin ses aînés. Un voisin de Cheratte, le dessinateur Mittéï, lui donne quelques conseils de perfectionnement et, dès 1962, les scénarios d'une vingtaine de gags de "Pipo" qui sont acceptés pour Junior, le petit frère de Tintin
En 1963, sa carrière s’accélère lorsqu’il est embauché, à 17 ans, comme assistant dans le studio Peyo. Il y rencontre Derib, Bennet viendront s'y adjoindre Gos, Lucien De Gieter, Marc Wasterlain et bien d'autres. Il commence par dessiner une partie des décors de la Schtroumpfonie en ut, puis il reprend les séries Jacky et Célestin de 1963 à 1964 et enfin Benoît Brisefer en 1964 dont il dessine quatre albums jusqu'en 1972.
En 1970, pour Le Journal de Spirou il crée le 26 février 1970 avec Gos et Delporte la série qui le rendra célèbre, Natacha.
En 1972, à la mort de son père, il quitte le studio Peyo et crée une nouvelle série, Le Vieux Bleu sur un scénario de Cauvin.
Il continue à contribuer au Le Journal de Spirou en publiant régulièrement des courtes histoires de deux à quatre planches ou des couvertures pour des numéros spéciaux.
Dans l'une de ses nombreuses illustrations, il met en images un célèbre poème de Victor Hugo, Vieille chanson du Jeune temps, publié pour la première fois lors du numéro spécial du 14 janvier 1974 (exploité depuis par certains professeurs de français).
En 1988, il passe chez Marsu Productions où il continue de publier son héroïne Natacha mais aussi Le P'tit Bout d'chique.
En juillet 1989, il épouse sa femme actuelle et en décembre 1989 a son premier enfant.
Regrettant le fait que chaque dessinateur travaille dans sa tanière, il décide d’aider des dessinateurs comme Casten, Georges Van Linthout ou Dragan de Lazare. En 1993, il crée le personnage de Rubine. « Rubine est un personnage que j’ai créé, mais que je n’ai pas eu le temps d’exploiter personnellement. Je tenais cependant à ce qu’elle vive des aventures. Aussi, Mythic et moi-même avons déniché Dragan de Lazare, jeune dessinateur serbe talentueux… Il a dessiné tout le récit et j'ai assuré pour les albums 2-3-4 quelques mises en page.
En 2011, il publie le Vieux-Bleu 2.