Lauréats 2017

Grand Prix Diagonale

Né à Thorigny sur Marne le 22 septembre 1956, Philippe Berthet, notre lauréat 2017, décroche son baccalauréat au Lycée Français de Bruxelles en 1974. Par la suite, Philippe Berthet suit, durant trois ans, les cours de bande dessinée dispensés par l'Institut St Luc. II suit les cours de l'atelier "R" dirigé par Claude Renard. Ses condisciples y ont pour nom Cossu, Foerster, Schuiten, Sokal, Goffin... Comme eux, il publie ses toutes premières planches en 1978 dans "Le 9e Rêve", un ouvrage collectif et à tirage limité qui rassemble les travaux de fin d'études des élèves de cette école. Parallèlement, avec Andréas, il profite de l'enseignement du vétéran, Eddy Paape, dessinateur de "Jean Valhardi" et de "Luc Orient". Il collabore ensuite à quelques fanzines et à "Curiosity Magazine" puis fait une entrée remarquée dans Spirou, où, sur un scénario de Antoine Andrieu ("Un copain de lycée"), il dessine "Couleur Café" en 1980, mettant en scène le personnage de Lloyd, un dandy énigmatique qui résout une surprenante énigme. Prix Spatial "création et style" en 1981, Philippe Berthet, associé à Cossu, réalise pour les éditions Glénat "Le Marchand d'Idées, 1981/82", premier tome de l'extraordinaire tétralogie de John Diller, voyageur du temps. En 1982, le journal Spirou est confié à un nouveau rédacteur en chef : Philippe Vandooren. Berthet trouve en lui un homme à l'écoute de ses rêves et de ses aspirations graphiques. Sous son impulsion, il signe avec Andréas deux courtes BD fantastiques : "Hiver 51 et Été 60", nouvelles maintenant éditées en album sous le titre de "Mortes Saisons". En 1983, François Rivière et José-Louis Bocquet adressent le scénario des premières enquêtes du "Privé d'Hollywood" (Hippolyte Fynn, un détective qui enquête dans le milieu cinématographique hollywoodien) à la Rédaction de l'hebdomadaire de Dupuis. À la demande de l'éditeur, Berthet en assure l'illustration. Ces trois auteurs français ont obtenu la sonnaille d'argent (destinée à récompenser la meilleure B.D. parue dans la presse et non en album) du festival de Sierre 84 pour "Le privé d'HoIlywood". L'album a également reçu le "prix Chlorophylle 85", prix du public, au festival de Durbuy. Malgré tout, Berthet trouve difficile la collaboration avec les deux auteurs, qu'il ne cottoie que pour raisons strictement professionnelles, sans vraiment les connaître, alors qu'il avait pris l'habitude d'une convivialité complice. Il en résultera cependant trois albums. Parallèlement, en 1985, il adapte Dracula, d'après Bram Stoker, dans Je bouquine et livre quelques histoires brèves dans l'ouvrage Rêve de chien (aux éditions Glénat en 1987). De 1987 à 1988, Berthet publie avec Philippe Foerster dans Spirou l'étrange "Oeil du Chasseur" et, en 1989, " La Dame, le cygne et l'ombre" en collaboration avec Dominique David. "Pour moi, révèle Berthet, Dominique est bien davantage qu'une simple scénariste occasionnelle. Si elle est bien connue des bédéphiles comme créatrice de "Jimmy Boy" dans Spirou, elle est par ailleurs ma femme et la mère de ma fille ! En 1990, sa rencontre avec Tome ("Le petit Spirou" et "Soda") marque un nouveau tournant décisif dans sa carrière. Ensemble, ils réalisent "Sur la Route de Selma", un poignant et superbe thriller noir paru dans la fameuse collection "Aire Libre" (Dupuis), l'année suivante. En 1992, fort de cette expérience gratifiante, Berthet franchit un nouveau pas important. C'est à la fois comme scénariste et dessinateur qu'il s'attèle alors à l'élaboration d'une album intitulé "Halona" également paru dans la collection "Aire Libre" (Dupuis). "Cela m'a coûté bien des angoisses, avoue-t-il. Même si je suis maintenant fier du résultat, je dois reconnaître que l'accouchement fut douloureux. Il faut dire aussi que le sujet était ambitieux. Je récidiverai peut-être un jour. Mais je m'aperçois que je prends un plaisir plus intense à mettre en images l'histoire de quelqu'un d'autre". Ce quelqu'un d'autre porte depuis 1994 le prénom de Yann. Il aura pourtant fallu une bonne dizaine d'années pour que leur association devienne effective ! La popularité de "Pin-Up (Dargaud) prouve en tout cas désormais qu'elle était un passage obligé dans la prodigieuse carrière des deux auteurs. Comme Yann ("Colt Walker"/Dargaud), mais renouant ainsi avec Foerster, Berthet s'est depuis lancé dans un western : "Les Chiens de Prairie" (Delcourt). "Un vrai challenge, car je n'avais jamais dessiné un cheval !". En mars 1998 sort le quatrième album de Pin-Up chez Dargaud.

Prix spécial 10 ans de Diagonale

Philippe Geluck est né à Bruxelles le 7 mai 1954. Déjà tout petit, il décide qu'il deviendrait comédien. Dès 1975, il joue au Théâtre National de Belgique ("Roméo et Juliette", "l'Opéra de Quat'sous", ... ou bien encore "les oeuvres de Chaval et Copi"). Rapidement, il a les honneurs du petit écran où il anime plus de mille émissions au ton ironique, et cela depuis 1978. Citons parmi eux "Lollipop", "L'esprit de famille" et "le Jeu des dictionnaires". En 1982, il crée un one-man-show, "Un certain plume", de Michaux, avec lequel il recueille un succès énorme. Il participe en 1983 au film d'André Delvaux "Benvenuta" ainsi qu'au téléfilm de JL Colmant, "Jackson et le Mnémocide", d'après le scénario de Jean Van Hamme. Avec "Un peu de tout..." Geluck remporte le prix de l'émission la plus drôle à la Rose d'Or de Montreux. De 1988 à nos jours, il participe, à la RTBF (radio et/ou télé) , au "Jeu des Dictionnaires", à "l'Empire des Médias" et à la "Semaine Infernale" (où naîtra "Le Docteur G. répond à vos questions"). Ses apparitions médiatiques se caractérisent toujours sous l'empreinte de l'humour. Aujourd' hui, Philippe poursuit en France, et avec brio, une carrière télé déjà bien remplie en Belgique. Parallèlement, Philippe dessine. A 14 ans, il publie ses premières illustrations dans "Azimut", une petite brochure de la régie Renault. Il est également présent dans "l'Oeuf", un mensuel d'humour destiné au corps médical, et dans "Clé pour la Musique". Il expose des dessins et des aquarelles à Londres, Paris, Milan, Copenhaghe et Dallas. Il réalise également trois livres pour enfants d'après "Lollipop" aux éditions Labor-Nathan en 1984 et participe à l'éphémère magazine "Jouez avec Quick et Flupke", aux éditions Casterman en 1987 et 1988. Le 22 mars 1983, une sorte de gros chat à lunettes, affublé été comme hiver d'un large manteau croisé, fait sa première apparition dans "Le Soir". Ce personnage, au caractère tranchant et à la logique tortueuse mais imparable, apportera aux cartésiens amateurs d'humour, une multitude de leçons de bon sens. Le Chat est un anti-héros pur et dur. Il est gras, imbu de lui-même, mais il cause. Il donne son avis sur tout et sur rien - surtout sur rien - et n'hésite pas à infliger aux malheureux lecteurs du quotidien des mots d'esprit, des calembours et des gags douteux qui en font vite une star de tous les amateurs d'humour. Le premier album, paru en 1986, révèle ce succès, qui ne s'est pas démenti depuis. C'est que chaque album du "Chat" (chez "Casterman") est une véritable "grammaire" du rire, Geluck y osant tout, du plus effroyable jeu de mot aux effets subtils avec les codes de la bande dessinée. Fin 1990, Casterman publie "Le Docteur G répond à vos questions", un livre illustré par Philippe Geluck et inspiré de son émission "La Semaine Infernale". "Le Chat" sera publié en France dans "Sud-Ouest", "Ouest France", "Le Progrès", "Le Dauphiné Libéré", "V.S.D", "Le Midi Libre", "l'Illustré", "Les Clés de l'Actualité", "Today in English", "Info Matin", "Télévision Le Mensuel" et bien sûr "A Suivre". Le Chat est actuellement traduit en Anglais, en Espagnol, en Allemand, en Portugais, en Italien et en Néerlandais ... un succès planétaire donc ! Philippe Geluck nous fera certainement encore beaucoup rire.

Prix du meilleur album

Dans l’Angleterre victorienne, Lisbeth, une domestique plutôt discrète, vient d’entrer au service d’Édouard, un noble irritant de suffisance, provocateur et blasé. Habitué à choquer son entourage par le récit de ses frasques, ce jeune dandy découvre en sa nouvelle servante quelqu’un de moins docile et impressionnable qu’il ne le croyait. Face à ses piques, celle-ci reste imperturbable, ne répondant que par un regard empreint de compassion sincère. Entre les deux, malgré leurs disparités sociales, une étrange complicité va naître au gré de joutes verbales plus ou moins intenses. De servante, Lisbeth va devenir confidente, en dépit des règles régissant la maisonnée, provoquant quelques jalousies chez les autres domestiques…
Hubert et Virginie Augustin  remportent le Prix du Meilleur Album 2017 Pour "Monsieur désire ?"  chez Glénat

Prix de la meilleure série

Au menu, cinq histoires ambiance « western » dont les héros, Gus, Clem et Gratt, accessoirement occupés à attaquer banques et trains, cherchent activement l’âme sœur. Nous avions découvert un échantillon de cette série, Nathalie, dans le Pilote Spécial Noël : planqué avec ses copains dans une cabane perdue au fin fond de l’Ouest sauvage, Gus vit les affres de l’amour presque platonique (ce « presque » est très énervant) avec Nathalie, une femme aux orgasmes ébouriffants (en solo), qui va épouser un homme « exceptionnel » dont elle est « très éprise ». En clair, Gus n’arrivera pas à coucher avec elle. Cette première aventure donne le ton des suivantes : Gus, Clem, Gratt ; El Dorado ; Linda Mc Cormick ; Isabella. On y voit les trois copains en virée à El Dorado, « l’endroit ultime », la ville où les femmes sont libres...
Le Prix de la Meilleure série 2017 revient à GUS de Christophe Blain, une série en 4 tomes publiée chez Dargaud