Jury

Jean Dufaux

Né à Ninove le 7 juin 1949, Jean Dufaux est l’auteur d’une œuvre importante comptant plus de 150 titres, dont «Rapaces» (des. Marini), «Murena» (des. Delaby), «Giacomo C.» (des. Griffo), «Complainte des Landes perdues» (des. Rosinski – Delaby), «Dixie Road» (des. Labiano) «Monsieur Noir» (des. Griffo), «Ombres» (des. Rollin), «Jessica Blandy» (des. Renaud), «Les Voleurs d’Empires» (des. Jamar), «Niklos Koda» (des. Grenson). Original, à l’écart des modes, plus complexe qu’il n’y paraît, l’univers de Jean Dufaux s’orchestre autour de quelques thèmes récurrents : le pouvoir et la folie, la solitude et ses miroirs, les égarements du temps, les blessures du passé. Cette mosaïque immense se veut avant tout une œuvre de plaisir, d’enchantement aux sens féerique et occulte du terme. Vendue à des centaines de milliers d’exemplaires, traduite dans une douzaine de langues, son oeuvre déploie ses sortilèges en se basant sur le talent graphique des meilleurs dessinateurs et un art du dialogue qui épouse et repousse l’image dans un même mouvement.

Jean Van Hamme

Jean Van Hamme est né à Bruxelles en 1939. Ingénieur commercial, licencié en journalisme, agrégé d'économie politique, il travaille pour plusieurs multinationales avant de se consacrer entièrement à l'écriture à partir de 1976. Après avoir traduit des 'strips' américains pour l'hebdomadaire belge "Le Moustique" de 1965 à 1967, il écrit son premier scénario de BD pour le dessinateur Paul Cuvelier : le célèbre "Epoxy", paru aux éditions du Terrain Vague en mai 1968 et réédité, en couleurs, en janvier 2003 dans la collection "Signé" au Lombard. Pour le même Cuvelier, il écrit les deux derniers "Corentin". Egalement chez Lombard, il écrit des scénarios pour André Beautemps ("Michaël Logan", 4 albums parus ultérieurement chez Thaulez de 1979 à 1981, puis en 1985 aux éditions du Miroir), pour Chéret ("Domino", 4 albums de 1979 à 1982), Dany ("Histoire sans héros", "Arlequin", 3 albums de 1979 à 1984, "Vingt ans après" (1997), Géri ("Mr Magellan", 2 albums en 1970 et 1971, et surtout pour Rosinski avec qui il crée la fameuse série "Thorgal", traduite en quatorze langues et vendue dans plus de vingt pays. En 2001, il signe avec Rosinski un étonnant et superbe "Western" publié dans la collection "Signé" du Lombard.

Raoul Cauvin

"Le divan, c'est mon outil de travail. Dans presque toutes les pièces de la maison il y en un, ou quelque chose qui lui ressemble." Raoul Cauvin, scénariste aux mille et une histoires, l'avoue humblement : il ne peut réfléchir correctement que lorsqu'il est allongé. Né à Antoing le 26 septembre 1938, Cauvin est l'une des rares personnes à avoir suivi pendant cinq ans des études de lithographie publicitaire à l'Institut Saint-Luc de Tournai, pour découvrir en entrant dans la vie active que cette profession n'existait plus ! Suivent toute une série de petits métiers et notamment un emploi dans une usine de boules de billard, qui lui développe une véritable passion pour ce jeu sur tapis vert. Engagé comme lettreur chez Dupuis en 1960, il devient ensuite caméraman au département dessins animés, où il se découvre une autre passion : le scénario. Charles Dupuis lui offre sa chance. Il se fait connaître quelques années plus tard grâce à la série « Les Tuniques Bleues ». Auteur prolifique, il excelle dans l’aventure humoristique, les gags visuels pour tous les publics, évoluant ensuite vers l’humour noir et la parodie délirante.

Daniel Couvreur

Daniel Couvreur est né à Bruxelles en 1962. Le virus de la bande dessinée le prend tout petit, quand Saint-Nicolas lui dépose des abonnements à Spirou, Tintin, Rintintin et au Journal de Mickey. Boulimique d’aventures, il dévore chez le libraire du coin les fascicules de Strange, du Surfer d’Argent, de Flash, Météor, Thor, Superman, Batman, Iron Man, Hulk ou des Fantastic Four… A douze ans, il crée son propre fanzine à l’Athénée royal de Koekelberg. Sur une antique stencileuse électrique, il imprime des pastiches de Tarzan, de Tintin, du Fantôme ou de Buck Danny. Pendant ses études de journalisme à l’Université libre de Bruxelles, il travaille pour les studios New Frame Concept, où il participe à un essai pionnier de western-vidéo, tourné en cases animées à partir des deux premiers albums de Durango. Entré au quotidien Le Soir en 1987, il est actuellement responsable du MAD, le supplément culturel, et critique spécialisé de bande dessinée. Chaque semaine, ses chroniques paraissent dans Les Livres du Soir et sur son blog, Ketpaddle. Il a cosigné avec Frédéric Soumois et Philippe Goddin les livres des Vrais secrets de La Licorne et A la recherche du trésor de Rackham le Rouge. En 2008, il a adapté deux épisodes de Blake et Mortimer pour l’album hors-série des Sarcophages d’Açoka. L’an dernier, il a scénarisé l’exposition des 20 ans du Centre belge de la bande dessinée et, en 2010, il a publié le livre polémique Tintin au Congo de papa.

Midam

Tombé dans le monde artistique un peu par hasard, Michel Ledent, alias Midam, se révèle être un dessinateur et scénariste qui crée l’enthousiasme. Avec son personnage Kid Paddle, qui débarque dès 1993 dans le journal de Spirou, il récolte un succès qui lui permet d’en faire une bande dessinée à part entière. Il crée d’autres personnages pleins d’humour (Game Over, Grrreeny,...)

Hermann 

Né le 17 juillet 1938, à Bévercé, dans la province de Liège, Hermann est autodidacte. Depuis son arrivée à Bruxelles, il n'a eu de cesse d'explorer, d'imaginer, d'expérimenter. Il y prend ses premiers cours de dessin, dans une de ces Académies des Beaux-Arts qui fleurissaient alors. Mais le directeur de celle-ci le décourage bientôt : "Raconter des histoires par le dessin ? Mon pauvre ami, ce n'est pas un métier !". Il apprend donc d'abord celui d'ébéniste. Quatre ans plus tard, il devient dessinateur architecte et décorateur d'intérieur. C'est son mariage, à 22 ans, qui donne une nouvelle orientation à sa vie. Il illustre en 1964 un "Oncle Paul" pour SPIROU ("Livreuse d'avions"). Son beau-frère, Philippe Vandooren, futur directeur éditorial des Éditions Dupuis, remarque son talent de dessinateur et lui propose de collaborer au magazine scout PLEIN-FEU qu'il dirige à cette époque. Ce récit complet parodiant la BD d'aventures le fait remarquer et engager au studio Greg. Son premier projet de bande dessinée est rejeté par Goscinny et le magazine PILOTE. Ensuite viendront "Bernard Prince" et "Comanche" chez TINTIN, sur des scénarios de Greg, "Jugurtha" de Vernal , puis "Nic" avec Morphée dans SPIROU. En 1977, il décide de s'occuper lui-même des scénarios : la série "Jeremiah" débute, suivie, en 1982, des "Tours de Bois-Maury". En 1991, quand il publie "Missié Vandisandi" dans "Aire libre", son premier "one shot", il apprécie énormément la liberté qu'offre une histoire complète et décide d'orienter sa carrière vers ce style de création qui satisfait pleinement ses désirs d'auteur. Dans la même collection, il clame sa vigoureuse indignation à l'égard de l'actualité bosniaque en 1995 dans "Sarajevo-Tango", puis revient au western avec "On a tué Wild Bill" et salue l'an 2000 en illustrant "Lune de guerre", un étonnant scénario contemporain de Jean Van Hamme. Dans la collection "Signé" du Lombard, il illustre des scénarios de son fils: "Liens de sang" et "Manhattan Beach 1957". En trente ans de carrière, il a publié près de soixante albums. Ils ont tous été créés avec la conscience de l'artisan et l'inspiration de l'artiste. HERMANN se définit d'ailleurs comme un "indépendant discipliné", amoureux des images et jaloux de leur liberté. La Ville d'Ottignies-LLN a remis son Prix Diagonale au dessinateur Hermann pour l'ensemble de son oeuvre, le 18 octobre 2009.

Jean-Claude Servais

Né le 22 septembre 1956 à Liège, Jean-Claude Servais suit de 1974 à 1976 des études à l'Institut Saint-Luc de Liège en section Arts Graphiques. En 1975, il voit ses premières planches publiées, sous le pseudonyme de Jicé, dans la rubrique "Carte Blanche" du journal de SPIROU avant qu'il livre trois épisodes des voyages temporels de "Ronny Jackson", scénarisés par Terence et Jean-Marie Brouyère, et deux histoires de "L'Oncle Paul" (signées cette fois Gil Verse et scénarisées par Octave Joly). En 1977, il se tourne vers l'hebdomadaire TINTIN où il signe une série d'histoires authentiques sur des scénarios de Bom et d'Yves Duval. Epurant son graphisme, il s'attaque en 1980, à un cycle d'histoires courtes sur le thème de la magie et de la sorcellerie : elles seront reprises dans l'album "La Tchalette" en 1982. Toujours dans TINTIN, il dessine "Isabelle", en 1983. Le mensuel à SUIVRE lui tend les bras. Avec l'aide du scénariste Gérard Dewamme, il y propose les récits fortement régionalistes de "Tendre Violette", puis "Les Saisons de la vie" au Lombard et "Les Voyages clos" chez Glénat. En 1989, avec le barde wallon et chanteur Julos Beaucarne, il entreprend une tentative onirique intitulée "L'Appel de Madame La Baronne". Servais décide ensuite de voler seul, de ses propres ailes, et rode son talent d'auteur complet dans quelques albums sans prolongations : "Iriacynthe" chez Jonas, "L'Almanach" et "La Petite Reine" pour Casterman, "Pour l'amour de Guenièvre" dans JE BOUQUINE, puis chez Helyode..

Dany

De son vrai nom Daniel Henrotin, Dany est né le 28 janvier 1943 à Marche-en-Famenne. Diplômé de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts de Liège, il est engagé comme assistant par Mittei et illustre ensuite des contes et de courtes histoires pour le Journal Tintin. C’est sa collaboration avec Greg qui va le faire connaître, sous le nom de Dany, grâce à sa première série onirique « Olivier Rameau ». Le monde de Dany est diversifié, plein de fantaisie, d’humour et d’action. Avec Greg, il produit les aventures parodiques de deux super policiers "Jo Nuage et Kay Mc Loud" et dessine deux épisodes de "Bernard Prince" succédant ainsi à Hermann. Il illustre ensuite les aventures d'"Arlequin" scénarisé par Jean Van Hamme. Dans un tout autre style, ce même duo réalise "Histoire sans héros", un récit dense et réaliste qui connaîtra une suite dans l'album "Vingt ans après". Le talent de Dany pour dessiner les jolies filles sexy dans ses albums de gags coquins, le conduit à l’héroic-fantasy avec "Les guerrières de Troy", une première qu’il aborde avec brio.
Il surprend encore son public en publiant une histoire fantastique qui se déroule en Roumanie "Transylvania" et continue à faire rêver. En effet, les prochains albums ne tarderont pas à sortir...

Maryse et Jean-François Charles

Egalement connue sous le nom de Nouwens ou Ruellan, Maryse Charles est scénariste et l'épouse de Jean-François Charles, dessinateur.
Dès 1982, ils collaborent ensemble aux scénarios des premiers épisodes des "Pionniers du Nouveau Monde" et "Sagamore Pilgrimage", un conte philosophique. En 2001, ils débutent une nouvelle série chez Casterman "India Dreams", Maryse au scénario et Jean-François au dessin, et en 2007, "War and Dreams" chez le même éditeur.

Entre temps, tous deux collaborent séparément sur différents albums. Jean-François entame en 1991 une série intitulée "Fox" scénarisée par Jean Duffaux et signe "Le Météore" en 2001. La même année, il publie également "Esquisses & Toiles" un recueil d'une centaine de dessins et croquis inédits sur des textes de Paul Herman.
De son côté, Maryse scénarise deux séries chez Glénat pour le dessinateur Ersel en 1999 et 2001 : "Claymore" et "Les derniers jours de la Géhenne". Ensemble, Maryse et Jean-François ont scénarisé pour les dessinateurs Jean François Roels et Gabriele Gamberini.

En 2010, Maryse et Jean-François continuent leur collaboration avec la saga "Ella Mahé" et la très belle série "Africa Dreams" avec Frédérice Bihel au dessin.

Cosey

Dès 1966, le jeune Bernard Cosendai travaille comme illustrateur pour une agence publicitaire. En 1969, un de ses dessins remporte le troisième prix d'un concours de couverture de Spirou. En 1970, il rencontre Derib, alors seul auteur suisse de bande dessinée professionnel. Il devient son apprenti et colorie Go West et Yakari. Derib l'incite à lancer ses propres séries.
En 1971, Cosey dessine trois aventures de Monfreid et Tilbury dans Le Soir Jeunesse, supplément du quotidien bruxellois, sur des scénarios d'André-Paul Duchâteau. L'année suivante il entre au quotidien suisse 24 heures, où il crée jusqu'en 1974 Paul Aroïd, Clarence et Séraphin Ledoux. En 1975, il entre à Tintin avec Jonathan, série d'aventure suivant les pérégrinations himalayennes d'un jeune baroudeur suisse, considéré comme une œuvre militante pour le Tibet.
Cette série, dont il enchaîne les histoires (neuf de 1975 à 1982) lui assure un succès rapide. En 1976, il reçoit le Prix Saint-Michel Avenir puis en 1979, à seulement 29 ans, le Grand Prix Saint-Michel. En janvier 1982, l'album Kate, publié dans Tintin en 1980, obtient l'Alfred du meilleur album au festival d'Angoulême.
Après Le Privilège du serpent, Cosey, que Jonathan commençait à lasser, décide de se lancer dans un diptyque situé en Suisse, À la recherche de Peter Pan. Mais le succès de Kate pousse Le Lombard à lui demander de dessiner encore un Jonathan et Cosey doit interrompre son projet pour réaliser Neal et Sylvester. Il s'y remet ensuite et À la recherche de Peter Pan, publié en 1983-1984 dans Tintin puis en 1984-1985 en deux volumes dans la collection adulte « Histoires et Légendes », est un nouveau succès critique comme public : l'album se vend plus que le dernier Jonathan en date, à la grande surprise du Lombard. Cela permet à Cosey, toujours relativement jeune, de donner une nouvelle impulsion à sa carrière.
Après avoir dessiné deux nouveaux Jonathan qui se déroulent aux États-Unis, Cosey se lance en 1986 dans Voyage en Italie, dont le premier volume inaugure en 1988 la collection « Aire libre ». Cinq albums suivent dans cette collection entre 1990 et 2003. En 1993, la réédition d'À la recherche de Peter Pan suivie l'année suivante de Zélie Nord - Sud inaugurent la collection « Signé » du Lombard. Cosey est alors un gage de qualité (et de ventes) pour ces collections haut de gamme. L'album Saigon - Hanoï, qui présente la grande originalité de déconnecter (pour l'essentiel) le fil des dialogues de celui des dessins, obtient le prix du scénario au festival d'Angoulême 1993.
En 1997 Cosey revient au Tibet, où il fit cinq voyages[3], avec le douzième Jonathan. En 2005, il crée dans Spirou un diptyque où il récupère le cadre de sa série-phare, Le Bouddha d'Azur, où le Tibet est traité d'une manière plus documentaire et fouillée que dans ses albums précédents. Cosey annonce qu'il ne situera plus d'histoire dans cette région. En 2008 sort le quatorzième Jonathan, situé cette fois en Birmanie, où Cosey avait voyagé en 2007. Le seizième Jonathan est paru en 2013.

Bernard Hislaire, dit Yslaire

Très jeune, Bernard Hislaire s'initie à la bande dessinée et participe au fanzine Robidule. Il fréquente la section arts plastiques de l'Institut St Luc de Bruxelles. Dès 1975, Hislaire commence à travailler pour Le Journal de Spirou. il conçoit une ''carte blanche'' d'abord puis le ''Troisième Larron'', une histoire en 16 pages. Parmi ses collaborateurs, le scénariste Raoul Cauvin ou Brouyère, dont il illustre notamment Coursensac et Baladin au pays des Tahétéhus. En 1978, il entreprend sa première série, très tendre et bucolique : Bidouille et Violette. Elle paraît dans Le Journal de Spirou. De 1980 à 1983, il signe de nombreuses illustrations humoristiques dans La Libre Belgique et au Trombone Illustré, sous la houlette de Franquin. Parallèlement, et plus tard, il conçoit des habillages graphiques pour la Radio Télévision Belge de la Communauté Française, le Rideau de Bruxelles ou l'ex-Théâtre Impopulaire. En 1986, il change radicalement de registre, de graphisme et de nom d'auteur ; il prend pour pseudonyme Yslaire. En compagnie de Balac (alias Yann), il crée Sambre, fresque romanesque et baroque, dans Circus. Saluée par la critique et le public, comme l'une des oeuvres majeures des années 80, cette saga est proposée en albums chez Glénat. À partir de 1987, de nouveau pour Spirou, Hislaire écrit les scénarios du Gang Mazda, une série humoristique dessinée par Christian Darasse. L'un des membres du gang lui ressemble étrangement... 1997. Ouverture de Mémoire du XXe Ciel, un site web co-réalisé sous le nom de Yslaire qui inaugure le travail numérique  qu'il ne cessera d'enrichir puisqu'il expose ses "tableaux vidéogrammes" au Louvre en 2009 et crée Uropa, magazine pionnier du numérique en 2012.

Etienne Davodeau

Étienne Davodeau, notre lauréat 2015, est né en Anjou le 19 octobre 1965. Il entreprend des études d'arts plastiques en 1985 à Rennes, et fonde avec quelques amis, dont Joub, Jean-Luc et Fred Simon, le studio BD Psurde. Cette petite structure éditoriale leur permet de publier leurs premiers travaux, dont un album collectif, La Vie Tourmentée d'Ernest Formidable. Après avoir décroché sa licence d'arts plastiques, Étienne écrit un scénario qui deviendra en 1992 le premier tome de la trilogie Les Amis de Saltiel, publiée chez Dargaud. Deux ans sont nécessaires à l'élaboration de son livre suivant, un récit de 100 pages intitulé Le Constat, où éclate au grand jour son sens de la narration. Viennent ensuite Quelques Jours avec un Menteur, chronique sélectionnée pour l'Alph-Art du meilleur scénario au festival d'Angoulême en 98, puis Le Réflexe de Survie, pressenti pour l'Alph-Art du meilleur album l'année suivante. La Gloire d'Albert et Anticyclone sont les deux premiers polars d'une trilogie qui s'achève aujourd'hui avec la publication de Ceux qui t'aiment, chronique sarcastique sur les rapports entre supporters et footballeurs milliardaires. En 2001 Étienne Davodeau avait interrompu la réalisation de ce triptyque pour réaliser Rural! . Grâce à ce véritable reportage en bande dessinée, il confirmait son choix - peu fréquent en bande dessinée - d'inscrire le monde réel au coeur de son travail. Cette singularité ne l'enferme pas pour autant. Il s'intéresse à l'expérimentation narrative avec L'Atelier, (exercice d'improvisation totale) et à la bande dessinée pour enfants ( il scénarise les aventures de Max & Zoé, dessin de Joub). À la suite de la publication de Rural!, il est promu directeur de collection au sein des Éditions Delcourt, où son travail consiste à inciter d'autres auteurs à franchir le cap du «récit du réel». Il travaille aussi en ce moment, avec David Prudhomme au dessin, à l'adaptation en bande dessinée de l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles.

François Walthéry

Né à Argenteau le 17 janvier 1946, François Walthéry, est aiguillé à seize ans vers certains ateliers pratiques de Saint-Luc à Liège où on a senti que l'adolescent était doué pour le dessin, tout en n'ayant pas encore la maturité pour suivre les cours généraux destinés à des étudiants de loin ses aînés. Un voisin de Cheratte, le dessinateur Mittéï, lui donne quelques conseils de perfectionnement et, dès 1962, les scénarios d'une vingtaine de gags de "Pipo" qui sont acceptés pour Junior, le petit frère de Tintin
En 1963, sa carrière s’accélère lorsqu’il est embauché, à 17 ans, comme assistant dans le studio Peyo. Il y rencontre Derib, Bennet viendront s'y adjoindre Gos, Lucien De Gieter, Marc Wasterlain et bien d'autres. Il commence par dessiner une partie des décors de la Schtroumpfonie en ut, puis il reprend les séries Jacky et Célestin de 1963 à 1964 et enfin Benoît Brisefer en 1964 dont il dessine quatre albums jusqu'en 1972.
En 1970, pour Le Journal de Spirou il crée le 26 février 1970 avec Gos et Delporte la série qui le rendra célèbre, Natacha.
En 1972, à la mort de son père, il quitte le studio Peyo et crée une nouvelle série, Le Vieux Bleu sur un scénario de Cauvin.
Il continue à contribuer au Le Journal de Spirou en publiant régulièrement des courtes histoires de deux à quatre planches ou des couvertures pour des numéros spéciaux.
Dans l'une de ses nombreuses illustrations, il met en images un célèbre poème de Victor Hugo, Vieille chanson du Jeune temps, publié pour la première fois lors du numéro spécial du 14 janvier 1974 (exploité depuis par certains professeurs de français).
En 1988, il passe chez Marsu Productions où il continue de publier son héroïne Natacha mais aussi Le P'tit Bout d'chique.
En juillet 1989, il épouse sa femme actuelle et en décembre 1989 a son premier enfant.
Regrettant le fait que chaque dessinateur travaille dans sa tanière, il décide d’aider des dessinateurs comme Casten, Georges Van Linthout ou Dragan de Lazare. En 1993, il crée le personnage de Rubine. « Rubine est un personnage que j’ai créé, mais que je n’ai pas eu le temps d’exploiter personnellement. Je tenais cependant à ce qu’elle vive des aventures. Aussi, Mythic et moi-même avons déniché Dragan de Lazare, jeune dessinateur serbe talentueux… Il a dessiné tout le récit et j'ai assuré pour les albums 2-3-4 quelques mises en page.
En 2011, il publie le Vieux-Bleu 2.

Philippe Berthet

Né à Thorigny sur Marne le 22 septembre 1956, Philippe Berthet, décroche son baccalauréat au Lycée Français de Bruxelles en 1974. Par la suite, Philippe Berthet suit, durant trois ans, les cours de bande dessinée dispensés par l'Institut St Luc. II suit les cours de l'atelier "R" dirigé par Claude Renard. Ses condisciples y ont pour nom Cossu, Foerster, Schuiten, Sokal, Goffin... Comme eux, il publie ses toutes premières planches en 1978 dans "Le 9e Rêve", un ouvrage collectif et à tirage limité qui rassemble les travaux de fin d'études des élèves de cette école. Parallèlement, avec Andréas, il profite de l'enseignement du vétéran, Eddy Paape, dessinateur de "Jean Valhardi" et de "Luc Orient". Il collabore ensuite à quelques fanzines et à "Curiosity Magazine" puis fait une entrée remarquée dans Spirou, où, sur un scénario de Antoine Andrieu ("Un copain de lycée"), il dessine "Couleur Café" en 1980, mettant en scène le personnage de Lloyd, un dandy énigmatique qui résout une surprenante énigme. Prix Spatial "création et style" en 1981, Philippe Berthet, associé à Cossu, réalise pour les éditions Glénat "Le Marchand d'Idées, 1981/82", premier tome de l'extraordinaire tétralogie de John Diller, voyageur du temps. En 1982, le journal Spirou est confié à un nouveau rédacteur en chef : Philippe Vandooren. Berthet trouve en lui un homme à l'écoute de ses rêves et de ses aspirations graphiques. Sous son impulsion, il signe avec Andréas deux courtes BD fantastiques : "Hiver 51 et Été 60", nouvelles maintenant éditées en album sous le titre de "Mortes Saisons". En 1983, François Rivière et José-Louis Bocquet adressent le scénario des premières enquêtes du "Privé d'Hollywood" (Hippolyte Fynn, un détective qui enquête dans le milieu cinématographique hollywoodien) à la Rédaction de l'hebdomadaire de Dupuis. À la demande de l'éditeur, Berthet en assure l'illustration. Ces trois auteurs français ont obtenu la sonnaille d'argent (destinée à récompenser la meilleure B.D. parue dans la presse et non en album) du festival de Sierre 84 pour "Le privé d'HoIlywood". L'album a également reçu le "prix Chlorophylle 85", prix du public, au festival de Durbuy. Malgré tout, Berthet trouve difficile la collaboration avec les deux auteurs, qu'il ne cottoie que pour raisons strictement professionnelles, sans vraiment les connaître, alors qu'il avait pris l'habitude d'une convivialité complice. Il en résultera cependant trois albums. Parallèlement, en 1985, il adapte Dracula, d'après Bram Stoker, dans Je bouquine et livre quelques histoires brèves dans l'ouvrage Rêve de chien (aux éditions Glénat en 1987). De 1987 à 1988, Berthet publie avec Philippe Foerster dans Spirou l'étrange "Oeil du Chasseur" et, en 1989, " La Dame, le cygne et l'ombre" en collaboration avec Dominique David. "Pour moi, révèle Berthet, Dominique est bien davantage qu'une simple scénariste occasionnelle. Si elle est bien connue des bédéphiles comme créatrice de "Jimmy Boy" dans Spirou, elle est par ailleurs ma femme et la mère de ma fille ! En 1990, sa rencontre avec Tome ("Le petit Spirou" et "Soda") marque un nouveau tournant décisif dans sa carrière. Ensemble, ils réalisent "Sur la Route de Selma", un poignant et superbe thriller noir paru dans la fameuse collection "Aire Libre" (Dupuis), l'année suivante. En 1992, fort de cette expérience gratifiante, Berthet franchit un nouveau pas important. C'est à la fois comme scénariste et dessinateur qu'il s'attèle alors à l'élaboration d'une album intitulé "Halona" également paru dans la collection "Aire Libre" (Dupuis). "Cela m'a coûté bien des angoisses, avoue-t-il. Même si je suis maintenant fier du résultat, je dois reconnaître que l'accouchement fut douloureux. Il faut dire aussi que le sujet était ambitieux. Je récidiverai peut-être un jour. Mais je m'aperçois que je prends un plaisir plus intense à mettre en images l'histoire de quelqu'un d'autre". Ce quelqu'un d'autre porte depuis 1994 le prénom de Yann. Il aura pourtant fallu une bonne dizaine d'années pour que leur association devienne effective ! La popularité de "Pin-Up (Dargaud) prouve en tout cas désormais qu'elle était un passage obligé dans la prodigieuse carrière des deux auteurs. Comme Yann ("Colt Walker"/Dargaud), mais renouant ainsi avec Foerster, Berthet s'est depuis lancé dans un western : "Les Chiens de Prairie" (Delcourt). "Un vrai challenge, car je n'avais jamais dessiné un cheval !". En mars 1998 sort le quatrième album de Pin-Up chez Dargaud.

Philippe Geluck

Philippe Geluck est né à Bruxelles le 7 mai 1954. Déjà tout petit, il décide qu'il deviendrait comédien. Dès 1975, il joue au Théâtre National de Belgique ("Roméo et Juliette", "l'Opéra de Quat'sous", ... ou bien encore "les oeuvres de Chaval et Copi"). Rapidement, il a les honneurs du petit écran où il anime plus de mille émissions au ton ironique, et cela depuis 1978. Citons parmi eux "Lollipop", "L'esprit de famille" et "le Jeu des dictionnaires". En 1982, il crée un one-man-show, "Un certain plume", de Michaux, avec lequel il recueille un succès énorme. Il participe en 1983 au film d'André Delvaux "Benvenuta" ainsi qu'au téléfilm de JL Colmant, "Jackson et le Mnémocide", d'après le scénario de Jean Van Hamme. Avec "Un peu de tout..." Geluck remporte le prix de l'émission la plus drôle à la Rose d'Or de Montreux. De 1988 à nos jours, il participe, à la RTBF (radio et/ou télé) , au "Jeu des Dictionnaires", à "l'Empire des Médias" et à la "Semaine Infernale" (où naîtra "Le Docteur G. répond à vos questions"). Ses apparitions médiatiques se caractérisent toujours sous l'empreinte de l'humour. Aujourd' hui, Philippe poursuit en France, et avec brio, une carrière télé déjà bien remplie en Belgique. Parallèlement, Philippe dessine. A 14 ans, il publie ses premières illustrations dans "Azimut", une petite brochure de la régie Renault. Il est également présent dans "l'Oeuf", un mensuel d'humour destiné au corps médical, et dans "Clé pour la Musique". Il expose des dessins et des aquarelles à Londres, Paris, Milan, Copenhaghe et Dallas. Il réalise également trois livres pour enfants d'après "Lollipop" aux éditions Labor-Nathan en 1984 et participe à l'éphémère magazine "Jouez avec Quick et Flupke", aux éditions Casterman en 1987 et 1988. Le 22 mars 1983, une sorte de gros chat à lunettes, affublé été comme hiver d'un large manteau croisé, fait sa première apparition dans "Le Soir". Ce personnage, au caractère tranchant et à la logique tortueuse mais imparable, apportera aux cartésiens amateurs d'humour, une multitude de leçons de bon sens. Le Chat est un anti-héros pur et dur. Il est gras, imbu de lui-même, mais il cause. Il donne son avis sur tout et sur rien - surtout sur rien - et n'hésite pas à infliger aux malheureux lecteurs du quotidien des mots d'esprit, des calembours et des gags douteux qui en font vite une star de tous les amateurs d'humour. Le premier album, paru en 1986, révèle ce succès, qui ne s'est pas démenti depuis. C'est que chaque album du "Chat" (chez "Casterman") est une véritable "grammaire" du rire, Geluck y osant tout, du plus effroyable jeu de mot aux effets subtils avec les codes de la bande dessinée. Fin 1990, Casterman publie "Le Docteur G répond à vos questions", un livre illustré par Philippe Geluck et inspiré de son émission "La Semaine Infernale". "Le Chat" sera publié en France dans "Sud-Ouest", "Ouest France", "Le Progrès", "Le Dauphiné Libéré", "V.S.D", "Le Midi Libre", "l'Illustré", "Les Clés de l'Actualité", "Today in English", "Info Matin", "Télévision Le Mensuel" et bien sûr "A Suivre". Le Chat est actuellement traduit en Anglais, en Espagnol, en Allemand, en Portugais, en Italien et en Néerlandais ... un succès planétaire donc ! Philippe Geluck nous fera certainement encore beaucoup rire.

Catel Muller

Catel Muller a percé ces dernières années au dessin ou au scénario dans des genres très différents, apportant toujours une touche féminine à son ouvrage. Après sa participation remarquée dans le collectifs Summer of the 80’s, son prochain album Rose Valland – Capitaine Beau-Arts paraît en novembre 2009 chez Dupuis. Souvent citée et récompensée (Essentiel Fnac-SNCF, prix du public, à Angoulême et Grand Prix RTL) pour Kiki de Montparnasse, album réalisé avec José-Louis Bocquet et paru chez Casterman, Catel Muller est une l’une des trop rares femmes de la bande dessinée. A Strasbourg, sa ville natale, où elle étudie au Gymnase Jean Sturm, elle obtient le diplôme de l’École des Arts Décoratifs et une maîtrise d’Arts plastiques à la Faculté. Elle se fait d’abord connaître dans l’illustration de livres pour la jeunesse comme la série Marios & Charles avec Fanny Joly publiée aux éditions Bayard. Elle travaille aussi comme illustratrice pour la presse comme le quotidien Libération ou l’édition comme Gallimard, Hachette, Hatier, Nathan... Elle démarre en 2000 sa première BD Lucie s’en soucie avec Véronique Grisseaux, chez Humanoïdes Associés. Elle poursuit les péripéties de cette trentenaire chez Casterman avec 3 autres tomes parus jusqu’en 2006. Elle retrouve d’ailleurs la scénariste pour la série jeunesse Léo et Léa dont elle dessine le T.4 paru en avril 2009 chez Casterman. En 2004, elle écrit le scénario du Sang des Valentines, mis en images par Christian De Metter et salué par le public à Angoulême en 2005 (Prix du Public). Après le fameux Kiki de Montparnasse en 2007, elle a publié en 2008 Quatuor, un album en 4 temps, composé de 4 nouvelles sur le thème universel de l’amour écrites par 4 scénaristes masculins : Thierry Bellefroid, José-Louis Bocquet, Jacques Gamblin et Pascal Guignard. Elle finalise chez Dupuis un album sur Rose Valland, Capitaine Beau-Arts, écrit par Polack et Bouilhac sur une attachée de conservation au Jeu de Paume recensant pendant l’Occupation dans le plus grand secret les tableaux volés par les nazis. Ses projets suivants sont Dolor, un scénario de Philippe Paringaux à paraître en mars 2010 chez Casterman, une biographie d’Olympe de Gouges écrite par José-Louis Boquet à paraître en 2011 chez Casterman et la Vie en rock avec Philippe Paringaux chez Dupuis en 2012. Toujours un carnet dans son sac, Catel est une artiste qui conserve les moments forts de la vie en les dessinant. Cette passion pour raconter se traduit dans ses histoires qui nous comblent.